« La Danse de Frau Troffea », scratchboard sur plexiglass, 100×120 cm, Chiara Scarpone
« Black Girl », Scratchboard sur rhodoîd, 20×20 cm Chiara Scarpone

Je fus ravi lorsque que Chiara Scarpone me proposa de réaliser son portrait. Elle est une amie dont le travail m’inspire beaucoup. Il m’a paru évident de lui proposer un reportage dans son atelier, en argentique noir et blanc. Elle travaillait alors sur une série de trois tableaux représentant l’Epidémie Dansante de 1518 de Strasbourg, un épisode étrange durant lequel une centaine de personnes se mirent à danser sans discontinuité durant des semaines. On parla alors d’une fièvre qui contaminait femmes et hommes. Plutôt que de tenter de les guérir on décida de les laisser gesticuler jusqu’à épuisement.

Pour représenter ses scènes de possession Chiara Scarpone a utilisé sa technique favorite, le scratchboard, aussi appelée la carte à gratter. Son travail m’émerveille tant il est si proche du tirage en photographie. Elle peint en noir une grande plaque en plexiglas jusqu’à occulter totalement la transparence. D’après une esquisse, elle sillonne au bistouri la couche de peinture sèche à la manière d’une gravure. La lumière traverse alors la plaque pour faire apparaître le dessin. Les thèmes de prédilection de Chiara sont les croyances anciennes et la musique folk où des sentiments obscurs prédominent. Pour autant ces tableaux ont une apparence bienfaisante. La douleur, la folie, le désespoir ressemblent aux les monstres qui effrayaient notre enfance, ils existaient. Il n’y a rien de maladif, ou de grotesque à les chérir comme le fait Chiara. Mieux faut croire aux idées noires que de les cacher par excès de pudeur. Quand elles se présentent à nous mieux faut avoir appris à danser.

Chiara Scarpone est une illustratrice et chanteuse italienne installée à Toulouse.

Facebook : Chiara Scarpone

Instagram : @chiarascarpone